Nos points de vue sur l'actualité

Nos points de vue s'appuient sur les points importants de la grille de lecture présentée sur ce site. Nous nous y référons sans les développer mais vous en trouverez ci-dessous un résumé.

- Nous, les humains, avons créé un monde qui entretient des inégalités sociales, structurellement et par son fonctionnement systémique : la (grande) Pyramide (Illustration)

- Le monde que nous avons construit est intrinsèquement lié à nos comportements individuels. Nous, les humains, sommes porteurs d'une contradiction constitutive entre notre ego et nos exigences fondamentales de sens, de justice, de paix et d'amour. À notre insu, l'ego a pris l'ascendant sur nos exigences fondamentales, ce qui explique que nous ayons construit une Société injuste (Illustration).

- Il n'est jamais trop tard pour modifier nos comportements et changer notre trajectoire collective afin de nous diriger vers un modèle d'organisation de Société juste et viable écologiquement. Il existe un modèle compatible avec nos quatre exigences fondamentales (Illustration).

Bonne lecture à vous et n'hésitez pas à nous faire part de vos commentaires ici.
Le collectif.

La violence

(publié le 20 octobre 2020)

La violence fait partie de notre quotidien, nous nous y adaptons. Preuve en est avec la multiplication des caméras de surveillance et les stratégies d'évitement que nous mettons en place. Nombre d'entre nous évitent d'aller dans certains quartiers ou de sortir à certaines heures, beaucoup de femmes évitent de porter des jupes ou des bijoux de valeur lorsqu'elles sortent dans la rue, des personnes mettent un casque sur leurs oreilles pour éviter d'être abordées, toute relation étant perçue comme pouvant potentiellement devenir violente.

L'humain est capable de s'adapter à beaucoup de choses, mais s'adapter à la violence relationnelle n'est pas sans conséquences sur sa santé physique et mentale. Être victime ou témoin d'une agression, même verbale, est loin d'être anodin, nous pouvons en garder le souvenir pendant longtemps. Certaines victimes d'agression déclenchent un stress-post-traumatique qui peut les invalider pendant des années s'il n'est pas traité. La peur de la violence relationnelle peut nous inciter à nous enfermer chez nous.

Se protéger de la violence

Dans l'espace public, le risque de la violence est partout, les relations peuvent déraper à tout moment. Que pouvons-nous faire ? Appuyons-nous sur l'expérience des sapeurs-pompiers, professionnels de la gestion des risques. Leur première question est "Peut-on supprimer le risque ?" Si non, "Peut-on mettre en place des protections collectives ?" Si non, il faut envisager la mise en place de protections individuelles. Appliquons ce raisonnement à la prévention de la violence dans l'espace public.

Peut-on supprimer le risque ?

À court terme non, la violence est déjà là. À long terme la réponse est plus nuancée. La violence fait partie de la vie, les humains peuvent devenir violents mais cela n'est pas une fatalité.Voyons les deux facteurs qui poussent à la violence.

Un facteur psychologique provient d'un conditionnement éducatif à la rivalité et d'une difficulté à gérer nos émotions et nos problèmes. Nous pouvons éduquer les enfants à "l'apparentement"1 au lieu de la rivalité, nous pouvons aussi leur apprendre à gérer leurs émotions et à faire face à leurs difficultés. Quant aux adultes ayant été conditionnés à la rivalité, ils peuvent s'en déconditionner à tout moment. Il existe aussi des procédés favorisant la gestion émotionnelle et la résolution de problèmes.
    
Un facteur social provenant principalement de l'injustice sociale. Elle  nous dépasse largement, elle est la conséquence d'un projet économico-politique. Pourtant nous y sommes tous impliqués, même ceux qui pensent ne pas faire de politique. En s'abstenant de voter par exemple ils y participent, laissant la main à ceux qui ont le vent en poupe... même si ce vent apporte plus d'injustice.
    
Nous avons construit une Société2 très hiérarchisée et pyramidale qui entretient l'injustice sociale de façon systémique et structurelle. Face à cela, la partie de la population défavorisée et méprisée, sans espoir d'avenir, développe des mécanismes défense : vandalisme et agressivité pour extérioriser la frustration, trafics illicites pour réussir à gagner de l'argent, repli et solidarité communautaire pour s'en sortir et se sentir accepté, etc. Tout cela produit de la violence.

En acceptant de remettre en cause l'organisation actuelle de la Société et en nous ancrant dans l'apparentement, nous contribuons à corriger les injustices sociétales. Il existe un modèle de Société non hiérarchisé, permettant à chacun de vivre dignement de son activité quelle qu'elle soit. C'est le modèle d'organisation permaculturel3, fondé sur la complémentarité et l'interdépendance de tous. Aller vers ce type d'organisation fera baisser la violence, mais cela prendra du temps. D'ici là il faut nous prémunir des violences actuelles.  

Peut-on mettre en place des protections collectives ?

Oui. La vidéo-surveillance et la présence des forces de l'ordre sur le terrain ont un effet dissuasif. La vidéo facilite aussi les enquêtes, donc la sanction des agresseurs. Néanmoins il est impossible de mettre des caméras partout et un gendarme à chaque coin de rue.

Nous pourrions améliorer la réactivité sociale, c'est à dire la capacité d'intervention des personnes présentes ainsi que la couverture médiatique des agressions. Pour l'instant nous observons plutôt des comportements passifs (détourner les yeux, regarder ou filmer) qui peuvent s'expliquer par la peur, mais comment justifier l'indifférence ? Une jeune fille affirmant avoir été agressée à Strasbourg mi-septembre dit n'avoir reçu aucune aide des personnes présentes, même après la fuite des agresseurs. Si elle dit la vérité, cela voudrait dire que notre Société produit de l'indifférence, le mal serait encore plus profond encore que de produire de la peur. Ce serait le signe que notre Société tend à nous éloigner de nos quatre exigences fondamentales4 de sens, de justice, de paix et d'amour. Il serait alors grand temps d'en prendre conscience et de collectivement les remettre au cœur de notre vie personnelle et de notre projet politique. Cette jeune fille pourrait aussi mentir en nous présentant un scénario que nous considérons malheureusement comme plausible. Les médias, qui ont majoritairement pris son témoignage pour argent comptant, pourraient prioriser la médiatisation des sanctions plutôt que celle des agressions, cela aurait un effet dissuasif et éviterait de donner des idées à de potentiels agresseurs. Autre possibilité d'action, faire des campagnes de réactivité, comme nous en faisons pour d'autres causes.

Pour autant, toutes ces mesures ne règleraient pas le problème des agressions sans témoin.

Peut-on mettre en place des protections individuelles ?

C'est ce que nous faisons. Nous évitons de nous mettre potentiellement en danger, nous portons sur nous des accessoires d'auto-défense, nous nous formons à l'auto-défense, etc. Actuellement nous devons assurer chacun notre propre sécurité, ce qui risque de majorer la violence par la banalisation du fait de se faire justice soi-même.

Sortir du cercle vicieux de l'escalade de la violence

Ce cercle vicieux est présent à différents niveaux, dans l'éducation, les organisations sociales et la Société.

Commençons par l'éducation. Un enfant soumis à un mode éducatif trop autoritaire n'est pas écouté. Il en ressent de la frustration et un sentiment d'injustice pouvant le conduire à un acte violent pour lequel il est puni. C'est donc sa violence visible qui est sanctionnée tandis que celle, invisible,  subie en amont (ne pas être écouté) est ignorée. Le sentiment d'injustice grandit et donne lieu à un nouvel acte violent ; ce dernier est puni encore plus fortement ; etc.

Sortir de ce cercle vicieux nécessite de promouvoir un mode éducatif dans lequel l'enfant est écouté, tout en lui donnant à comprendre que ses parents ne peuvent pas toujours abonder dans son sens. C'est ce que nous appelons l'éducation par l'apparentement.

Les organisations sociales pyramidales produisent structurellement de l'injustice. Les places du haut sont survalorisées et assorties de privilèges tandis que celles du bas sont dévalorisées et défavorisées. Leur fonctionnement systémique entretient cette injustice, voire l'aggrave. En réaction il peut apparaitre des conflits sociaux et des débordements violents. Ces violences visibles sont sanctionnées en ignorant la violence invisible subie en amont ; le sentiment d'injustice augmente et peut donner lieu à de nouveaux débordements sanctionnés de plus en plus sévèrement ; etc.

C'est la même chose au niveau de la Société. L'humanité est englobée dans une grande Pyramide qui hiérarchise les humains par l'argent. Elle est porteuse de la même injustice structurelle que les organisations sociales et de deux injustices systémiques. La première est que l'argent est aspiré vers le haut (c'est à dire vers les plus riches), la deuxième est que des intérêts privés ont supplanté les pouvoirs politiques nationaux. Face à cela, des mouvements sociaux et des mouvements terroristes violents apparaissent ; leur violence visible est réprimée en ignorant la violence invisible (structurelle et systémique) de la Société ; le sentiment d'injustice grandit et les violences augmentent ; elles sont réprimées violemment par des régimes de plus en plus autoritaires ; etc.

Sortir de ce cercle vicieux nécessite de faire diminuer la violence structurelle et systémique des organisations sociales et de la Société. Tendre vers le modèle d'organisation permaculturel produisant de la justice sociale ne peut se faire que si les citoyens s'apparentent au lieu d'entrer en rivalité. Ce sont donc nos changements individuels qui tireront les organisations sociales et la Société vers ce modèle d'organisation.

Conclusion

À défaut d'intervenir aux deux premiers niveaux préconisés par les sapeur-pompiers (suppression du risque et protections collectives) nous devrons continuer à assurer nous-mêmes notre propre sécurité. Ce faisant nous courons le risque d'accroitre la violence.

Repérer les facteurs sous-tendant la violence peut nous aider à la faire diminuer en agissant conjointement au niveau individuel, social et sociétal. Une réponse exclusivement répressive des violences visibles est vouée à l'échec, car en ignorant les violences structurelles et systémiques elle entretient le cercle vicieux de l'escalade de la violence.

1 Apparentement : disposition à s'accorder avec l'autre d'égal à égal avec empathie et bienveillance, indépendamment des différences quelles qu'elles soient.
2 Société : ce mot écrit avec une majuscule désigne la communauté humaine dans son ensemble.
3 Modèle permaculturel : modèle en forme de fleur, créé dans les années 70 par  Bill Mollison et David Holmgren
4 Exigences fondamentales : au nombre de quatre, elles sont une composante de la contradiction fondamentale des humains. L'autre composante étant l'ego.

Le collectif

L'après Covid-19 – Capitalisme – France – Europe

(publié le 23 mai 2020)

Nos gouvernants ont exprimé leur volonté de tirer les leçons de la pandémie, affirmant que rien ne sera comme avant.

Nous (Les Français, les Européens) devons choisir une voie différente de celle que nous avons suivie jusque là, car la banalisation des transports à l'échelle planétaire nous fait courir le risque d'une autre future pandémie. Le capitalisme se nourrit de ces échanges planétaires et le progrès technique est mis au service de leur accélération. D'autre part, avec la Covid-19 le modèle capitaliste s'est montré sous son véritable jour. Les spéculations sur le matériel indispensable pour lutter contre la Covid-19 sont légales, la loi du plus offrant a fait que des commandes de matériel ont été détournées. Adam Smith (réputé être le père du capitalisme) affirmait que la "concurrence libre et non faussée" était la seule voie capable d'apporter le bien-être, chacun rivalisant avec son voisin pour produire les biens et les services les meilleurs et au moindre prix. L'idéologie sous-jacente à cette théorie est que l'humain serait bon par nature, comme l'affirmait Rousseau au XVIIIe siècle1. Force est de constater que ça se révèle inexact, c'est même le contraire qui est apparu au grand jour. Le capitalisme est devenu "la guerre de tous contre tous". Cette expression vient de Hobbes qui, un siècle avant Rousseau, affirmait que "L'homme est un loup pour l'homme". Le capitalisme se révèle donc incapable d'assurer le bien-être pour tous.

Le capitalisme s'étant malgré tout mondialisé, la rivalité économique entre les nations a conduit des pays dits "communistes" à entrer dans la dynamique capitaliste tout en conservant leur régime politique autoritaire. L'alliance capitalisme-autoritarisme est aussi à l'œuvre dans des pays ayant un gouvernement populiste. Dans ces régimes autoritaires (communistes et populistes) la liberté individuelle ne concerne que l'activité d'enrichissement. Leurs citoyens sont libres de s'enrichir comme ils veulent et tant qu'ils veulent à condition de ne pas critiquer le pouvoir en place. Quant aux autres libertés individuelles, elles sont totalement bafouées. La parole des citoyens est muselée, la reconnaissance de tout particularisme est rejetée. Les minorités, quelles qu'elles soient (d'origine, religieuses, intellectuelles, d'orientation sexuelle, etc.) sont discriminées voire réprimées.

Enfin, les régimes restés soit disant fidèles à l'idéologie communiste ne sont pas entrés dans la dynamique capitaliste mais se sont enfermés sur eux-mêmes et ont conservé un régime autoritaire. Leur idéologie sous-jacente est que les hommes seraient fondamentalement mauvais (Hobbes), ce qui justifie que l'État les contrôle. Les libertés individuelles seraient incompatibles avec l'intérêt collectif dont l'État est le garant. Force est de constater qu'il y a là un vice de raisonnement. Si les humains sont par nature mauvais, il est dangereux pour un peuple d'être contrôlé par des humains. Ce type de régime échoue lui aussi à faire accéder sa population au bien-être.

Nous (Les Français, les Européens) pouvons ouvrir une voie alternative à ces trois grands modèles. Nous sommes légitimes à ne plus vouloir du capitalisme, d'autant plus qu'il se nourrit d'une sur-consommation irraisonnée et intenable écologiquement. Et nous sommes aussi légitimes à ne pas vouloir d'un régime autoritaire.

La résolution de la controverse sur la nature des humains, bonne ou mauvaise, consiste à prendre conscience que l'humain est porteur à la fois du bon et du mauvais. À partir de là, nous pouvons nous appuyer sur ce qui est bon en nous et apprendre à contenir, maîtriser, ce qui est mauvais en nous.

Nous avons tous en nous quatre exigences fondamentales qui peuvent nous guider.


Sens
Justice
Paix
Amour

Quant au mauvais en nous, c'est notre ego. C'est lui qui nous piège dans une posture de rivalité avec les autres. De plus la rivalité est pourvoyeuse de jouissance ce qui explique qu'il est parfois difficile d'en sortir. Néanmoins c'est toujours possible et il n'est jamais trop tard. Nous y gagnons quelque chose qui n'a pas de prix, l'accès à la joie. La joie c'est l'émotion par excellence qui participe de ce qui nous rend heureux. Elle est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, donc impossible à ressentir dans un mode relationnel de rivalité (dans lequel il y a toujours un dominé) et impossible à ressentir quand notre réussite sociale est faite au détriment d'autres personnes.

Nous avons à prendre des mesures visant à engager une véritable transition économique et politique. C'est aux personnes étant aux commandes du pays d'y réfléchir. Nous devons néanmoins affirmer haut et fort ce que nous souhaitons. Il existe un modèle d'organisation sociale compatible avec les idées de justice et de paix. Il a été inventé par deux Australiens dans les années 70 et peut se décliner à toutes les échelles, y compris à l'échelle de la société.

1 Les dix millénaires oubliés qui ont fait l'histoire de Jean-Paul Demoule Ed Fayard – février 2019 – Chapitre 7 Qui a inventé la guerre (et les massacres) ?

Dans ce modèle en forme de fleur, les parties constituantes de la société sont reconnues comme étant d'égale importance, chacune étant placée dans un pétale de la fleur. Les compétences ne sont donc pas hiérarchisées, ni les humains eux-mêmes. La Covid-19 et le confinement ont eu le mérite d'avoir mis en évidence le besoin crucial des métiers dits "petits" pour assurer la survie de tous. Le modèle ci-dessus illustre cette égalité entre tous les domaines de compétence d'une société et est aussi un modèle respectueux de la nature, donc viable écologiquement sur le long terme.


Il existe peut-être d'autres modèles intéressants, il faudrait alors les faire connaître, en discuter et s'en inspirer pour avancer sur la voie qui pourrait nous mener à une nouvelle forme d'organisation sociale. Une organisation qui nous incitera à faire vivre nos quatre exigences fondamentales au travers de nos actes et qui privilégiera l'être et non plus le paraitre. L'ego n'y sera pas au premier plan (comme actuellement) et donc nous prendrons plus facilement des décisions allant vers le bien commun. Celui-ci conditionne notre bien-être individuel, car il est impossible d'être véritablement heureux dans un monde fondamentalement injuste comme le monde actuel.

Serons-nous capables de voir dans la Covid-19 une alerte, un avertissement, nous permettant de changer radicalement notre trajectoire collective ? La France et l'Europe pourraient-elles ouvrir cette nouvelle voie ? Sommes-nous prêts ? Pouvons-nous envisager de défendre un nouveau modèle face à des pays qui continuent d'adhérer au capitalisme ? Cette pandémie renforce l'engagement des personnes déjà convaincues de la nécessité d'un changement de modèle. Espérons qu'elle permette aussi à de nouvelles personnes d'en prendre conscience puis d'agir à leur tour.

Le collectif.

Covid-19

(publié le 21 avril 2020, le confinement venant d'être prolongé jusqu'au 11 mai )

Le Covid19 nous oblige à nous mobiliser collectivement, à accepter des limitations parce que ça a du sens. Cette acceptation signifie que l'intérêt collectif prime sur nos libertés individuelles (circuler, consommer, sur-consommer, travailler, etc.). Notre empathie pour les personnes qui développent une détresse respiratoire (98 % des patients infectés par la Covid19 s'en sortent au final et sans séquelles1) fait que nous voulons qu'elles puissent être soignées au mieux avec les moyens du moment. Même si nous n'oublions pas que les gouvernements successifs n'ont fait qu'affaiblir les services publics, dont les hôpitaux (fermeture de lits, recherche de rentabilité financière, etc.).

L'heure du bilan viendra. Nous pourrons discuter le temps venu de la façon dont les médias ont "couvert" le Covid19, de la façon dont le gouvernement a pris ses décisions, etc.

Que pourrait-il se passer une fois la pandémie derrière nous ? Pourrions-nous prendre conscience que nos (trop) nombreux déplacements et transports de marchandises d'un pays à l'autre ont favorisé son développement mondial ? Pourrions-nous prendre conscience que la recherche de rentabilité financière des actionnaires et des consommateurs y est pour quelque chose, ainsi que notre désir de sur-consommation ? Pourrions-nous prendre conscience que le capitalisme qui prône l'accumulation de capitaux et se nourrit de la sur-consommation nous est préjudiciable ? Si oui, nous pourrions aussi prendre conscience que nous ne sommes pas obligés de nous conformer aux attentes du capitalisme et même qu'il faudrait changer de modèle de société.

D'ores et déjà nous pouvons voir quelque chose de très encourageant dans nos réactions face à le Covid19. La grande disproportion entre d'un côté une solidarité formidable et massive et d'un autre coté les quelques personnes qui ont abusé (et abusent encore) de la situation pour en tirer profit. Nous pensons que si la majorité d'entre nous s'est inscrite dans une démarche solidaire (chacun à sa façon et à son échelle), c'est parce que nous avons tous en nous quatre exigences fondamentales : de sens, de justice, de paix et d'amour. Nous les avions peut-être un peu oubliées pour certains d'entre nous mais le Covid19, en sollicitant notre empathie vis à vis des personnes malades, des soignants et des personnes continuant à travailler pour nos besoins essentiels, les a remises au premier plan.

Grâce à elles, nous pourrions développer, à coté du capitalisme, une économie plus saine, plus locale et plus humaine. Elle pourrait gagner du terrain et convaincre des adeptes du capitalisme qui comprendront qu'en lâchant prise au niveau de la compétition sociale et de la rivalité ils y gagnent quelque chose qui n'a pas de prix, la joie. La joie est l'émotion par excellence qui participe de ce qui nous rend heureux, elle est impossible à ressentir au détriment de quelqu'un, donc impossible à ressentir dans une relation de rivalité (car il y a toujours un dominé) et impossible à ressentir dans le cadre d'une réussite sociale faite au détriment des autres.

Le Covid19 nous donne l'opportunité de décider quel type d'économie, quel type de relations humaines et quel type de structure de société nous voulons développer. Nous nous sentons mieux quand nous agissons pour que les humains accèdent à ce que nous appelons le bien-être universel, que nous avons défini ainsi :

Il ne s'agit pas de "renverser la table" mais de la dresser différemment grâce aux quatre exigences fondamentales qui existent en chacun de nous : rajoutons des rallonges au fur et à mesure de nos avancées pour y accueillir de plus en plus de personnes, servons-y des mets savoureux, naturels en quantité juste suffisante, débarrassons la table ensemble et préparons ensemble le repas suivant avec une rallonge de plus....

1 Article du Parisien.fr du 20 mars 2020

Le collectif


Ponts – Règles de sécurité – Entretien

(publié le 03 avril 2020, suite à l'effondrement du pont de Mirepoix sur Tarn en novembre 2019)

L'effondrement de ponts se répète et risque de continuer de se répéter. Identifions les multiples facteurs pouvant faire effondrer un pont afin de se donner des chances d'écarter ce risque.

Les règles de limitation en terme de tonnage sont souvent transgressées. C'est vrai pour toutes les règles et il y a plusieurs raisons à cela :

- Deux raisons psychologiques. D'une part, la transgression d'une règle est parfois une façon de se prouver quelque chose à soi-même (et aux autres parfois), d'autre part nous sommes devenus intolérants à la contrainte.    

- Une raison économique. Respecter une contrainte prend du temps or, dans notre modèle de société actuel, le temps c'est de l'argent. Certaines personnes sont obligées de se presser pour gagner leur vie, d'autres se pressent ou pressent leur employés pour accumuler toujours plus d'argent.

En ce qui concerne plus spécifiquement les règles de sécurité pour les ponts :

Les GPS pour les poids lourds sont censés tenir compte du tonnage du camion et des limitations des infrastructures, ce qui implique leur mise à jour en temps réel. En cas de non mise à jour, le chauffeur pourrait se retrouver face à une contradiction entre l'indication de son GPS et celle indiquée à l'entrée d'un pont (contrainte et perte de temps non assumées = prise de risque).  
De nombreux camions n'ont pas de GPS adaptés car cela représente un coût. Certaines entreprises ne peuvent pas l'assumer, d'autres ne le veulent pas.

Concernant l'entretien des ponts :

L'entretien des ponts a un coût. L'État a transféré progressivement cette responsabilité aux collectivités locales tout en diminuant ses dotations1. L'État manque d'argent, c'est la conséquence du fonctionnement de la méta-structure sociétale actuelle.

Nous pouvons modifier cette méta-structure en arrêtant d'alimenter son processus interne d'aspiration de l'argent vers les intérêts privés. L'argent, ne s'évaporant plus vers le haut, serait disponible pour alimenter l'économie réelle au profit de tous et une part de cet argent reviendrait aux gouvernements. Ils auraient alors les moyens financiers d'entretenir les ponts (et autres infrastructures). Quoi qu'il en soit, cela ne nous dispensera jamais de respecter les règles de limitation.

Notre responsabilité :

La transgression des règles de sécurité est actuellement banalisée, sans doute parce qu'il n'y a pas un accident à chaque fois. Cela peut nous faire oublier le risque et le fait que chaque transgression, en fragilisant le pont, prépare un accident futur. Il est impossible et non souhaitable de mettre un gendarme derrière chaque citoyen, il revient donc à chacun de se responsabiliser.

1 Article "Entretien des routes : une nécessité" – altersecurite.org – 15 novembre 2018

Le collectif